300.000 offres d'emploi non pourvues

300.000 offres d'emploi non pourvues

Les offres d'emploi non pourvues, c'est un peu l'histoire d'un rendez-vous manqué entre les recruteurs et les chercheurs d'emploi. L'ANDRH (L'Association Nationale des Directeurs des Ressources Humaines) s'est penchée sur cette délicate question qui illustre le paradoxe français : un taux de chômage élevé et des entreprises qui ont souvent du mal à recruter.

Comment expliquer les 300.000 offres d'emploi qui ne trouvent pas preneur en France chaque année ? Pour répondre à cette question complexe, un groupe de travail de l'ANDRH a mené l'enquête auprès des acteurs de l'emploi, du recrutement, des professionnels de la formation, entreprises, syndicats et fédérations professionnelles. Les résultats de cette étude viennent d'être publiés dans le cahier numéro 71 de la revue Personnel.

> Un rendez-vous manqué

Selon cette enquête, les offres d'emploi non pourvues "sont à la croisée des chemins entre les blocages de l'entreprise, ceux de l'individu et ceux des autres acteur du marché". Signe d'un dysfonctionnement ou non, les avis divergent. Mais la réalité est là, les freins à l'embauche sont nombreux et multiples. Leur combinaison explique en partie ce rendez-vous manqué.

> La vision déformée des entreprises

Au sein des entreprises, l'ANDRH a identifié des contradictions qui peuvent expliquer ce phénomène des offres d'emplois non pourvues. Les exigences en matière de recrutement, de croissance et de gestion des risques se heurtent à l'irrationnel, aux représentations déformées. Contrairement aux méthodes applicables dans les autres activités de l'entreprise, le recrutement n'est pas toujours un système "stable et productif". En cherchant systématiquement le meilleur profil possible, en augmentant les critères de sélection pour un poste, en se focalisant sur les diplômes, les entreprises diminuent ainsi leurs chances de trouver les talents dont elles ont besoin.

L'éloignement entre le système éducatif et les entreprises, la complexité croissante du droit du travail et des lois sur la formation professionnelle, ne facilitent pas non plus la tâche des recruteurs. Enfin, au sein des services de recrutement, la définition des compétences n'est pas toujours très claire ce qui amène parfois les entreprises à chercher des profils qui n'existent pas.

> Des candidats décalés

Au niveau des candidats, il existe un net décalage culturel chez les jeunes qui arrivent sur le marché du travail aujourd'hui. Selon l'ANDRH "l'équation classique Travail= argent+reconnaissance n'est plus valable". De plus, "l'équilibre vie privée/ vie professionnelle et les valeurs portées par l'entreprise sont venues enrichir le débat". Pour ces jeunes travailleurs, l'accès au premier emploi est une loterie qui détermine une partie de la carrière et "ceux qui réussissent sont ceux qui sont dotés des meilleurs capacités d'adaptation". Finalement, relève l'ANDRH, le décalage culturel dans les représentations des métiers est un peu l'héritage des années 70 où l'apprentissage et les métiers techniques ont été dévalorisés. D'où ce constat : "il y a du travail en France, mais pas forcément celui qu'on souhaite".

> Des intermédiaires inégalement armés

L'emploi est un enjeu politique majeur, l'accompagnement des chômeurs en subit parfois les conséquences. C'est le cas avec les maisons de l'emploi, une idée intéressante sur le papier, mais qui peine à émerger sur le terrain. Dépolitiser la gestion de l'emploi est une piste évoquée par l'ANDRH pour faciliter la rencontre entre employeurs et employés. Concernant l'Anpe, l'enquête fait le constat d'un décalage entre les demandeurs d'emploi et la structure chargée de les accompagner. Le temps de l'Anpe ne correspond pas aux exigences de rapidité pour retrouver un travail. "Pour un chômeur, tout se joue dans les six premiers mois de chômage. Après le retour à l'emploi est plus dur...". Au final, tous les acteurs interrogés par l'ANDRH s'accordent à dire que le traitement social et le système d'indemnisation du chômage ne "pourra pas survivre éternellement".

> La logique du double client

Autre intermédiaire, autre logique : les entreprises de travail temporaire (ETT) sont citées comme les "témoins les plus précis du décalage qui existe parfois entre la réalité du poste et sa description". Même si les ETT ne représentent pas forcément le panel des entreprises qui recrutent, leur culture du double client (entreprises et candidats) leur permet de réduire le fameux décalage du marché de l'emploi. Comme quoi ces logiques ne sont pas forcément incompatibles.

Du côté de la formation continue, l'ANDRH note également des dysfonctionnements et des décalages. Les salariés doivent êtres prêts à exercer des activités qui n'ont pas forcément de lien direct avec leurs études. C'est inévitable mais pas toujours simple. Car si "certaines formations ne délivrent pas d'employabilité, certains métiers à contrario n'ont pas de formation".

L'étude de l'ANDRH livre à la suite de ce constat une série de préconisations articulées autour du savoir (l'éducation et l'orientation), du savoir-faire (formation, développement des initiatives et expérimentations locales), du savoir-être et du faire-savoir. Des préconisations de bon sens dont certaines sont en train d'être mises en oeuvre (par exemple la création d'un guichet unique du service public de l'emploi) et d'autres qui restent à inventer.

le 21/12/2007

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