La dégressivité des allocations chômage a-t-elle un impact sur l’emploi ?

La dégressivité des allocations chômage a-t-elle un impact sur l’emploi ?

Alors que démarrent les négociations sur l’assurance-chômage entre patronat et syndicats, une des pistes de réforme de l’assurance chômage est de rendre dégressives les indemnités chômage. Le but affiché : inciter au retour à l’emploi.

Le premier ministre Manuel Valls a indiqué qu’il réfléchirait à tout pour permettre le « retour à l’emploi (…) éventuellement en regardant de près la question de la dégressivité ». Cette mesure déjà testé de 1986 à 2001 suffira-t-elle à faire reculer le chômage ? Dans un article, le quotidien Le Monde s’est penché sur la question. L’auteur y explique notamment que cette mesure a déjà été testé entre 1986 et 2001. Dans un premier temps, de 1986 à 1992, cette dégressivité se faisait en deux temps : de l’allocation de base à l’allocation de fin de droits. Ensuite, de 1992 à 2001, « l’allocation unique dégressive » diminuait régulièrement le montant de l’allocation perçue. Finalement, le système a été remplacé en 2001 par une allocation de retour à l’emploi fixe, correspondant à 57% du précédent salaire (ou 40,4 % et 11,72 euros par jour si ce calcul lui est plus favorable) et calculée sur la moyenne douze derniers mois. Une somme versée mensuellement jusqu’à l’épuisement des droits, fixé en fonction du temps de travail.

Pourquoi vouloir aujourd’hui revenir à l’ancien système ? Si le chef du gouvernement répond pour favoriser l’emploi, rien ne montre que la dégressivité précédemment utilisée ait permis de lutter contre le chômage. En Europe où plusieurs pays ont fait ce choix, la dégressivité des indemnités chômage ne semble pas non plus jouer favorablement pour l’emploi.

Une source d’économies

Et si la dégressivité servait surtout à combler le déficit de l’assurance chômage qui dépassera les 4,4 milliards d’euros en 2015 ? Car c’est bien cette dette qui menace le régime. La dégressivité permettrait alors de réaliser des économies parmi d’autres pistes évoquées dont la baisse du taux d’indemnisation ou encore le fait de passer à un ratio de 0,9 jour indemnisé contre 1 pour 1 aujourd’hui…

Au-delà, rappelle Le Monde, la dégressivité est aussi une idée qui vient du Conseil européen estimant que cette réforme permettrait à la France de réduire ces déficits. Dans un document cité par le quotidien du soir, la Cour des comptes juge ainsi que si « l’allocation dégressive engendre des économies, mais n’améliore pas globalement l’efficacité du système d’assurance-chômage ».

le 25/02/2016

Abonnez-vous à la newsletter emploi

En cliquant sur OK, vous acceptez les CGU

Plus d'actualités de l'emploi

+ de 700 entreprises cherchent le candidat idéal, faites-vous remarquer !
DÉPOSEZ VOTRE CV

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez les CGU ainsi que l'utilisation de cookies