Banque/Assurance : des emplois par milliers

Banque/Assurance : des emplois par milliers

Avec près de 40.000 emplois à pourvoir chaque année, les établissements bancaires et d'assurance embauchent massivement. Explications sur un recrutement sans précédent avec Thierry Mageux, directeur régional de Robert Half Banque & Assurance, spécialisé dans le placement temporaire et permanent sur les métiers de la banque et de l'assurance.

Quelles sont les perspectives cette année en banque-assurance ?

C'est un des secteurs les plus porteurs. Chacune des grandes banques annonce près de 4000 recrutements cette année. L'ampleur de ces embauches s'explique d'abord par la pyramide des âges dans les établissements. D'ici 2014, on estime qu'entre 25 et 50% des personnes qui travaillent dans les banques et les assurances partiront à la retraite.

Au-delà de ce phénomène démographique, c'est aussi un secteur en pleine croissance ?

La deuxième raison en effet, c'est le dynamisme de l'activité économique et de chacune des banques. Aujourd'hui, malgré les fusions, chacun des établissements de la banque de réseau continue de se développer et d'ouvrir des agences. Il y a aussi des recrutements dans la banque d'investissement et les salles de marché, mais c'est une activité beaucoup plus cyclique.

Pour le secteur de l'assurance, c'est la même tendance ?

Oui, le secteur de l'assurance reste aussi extrêmement actif, mais a pris un peu de retard par rapport à la banque commerciale. L'assurance a vécu une période difficile en 2001-2002, un peu à l'image des banques au début des années 90 suite à la crise immobilière. Mais aujourd'hui, les recrutements dans l'assurance sont très soutenus et devraient considérablement s'accélérer. C'est un secteur en mutation, en construction. Les courtiers, les mutuelles, les instituts de prévoyance fusionnent et se restructurent avec un fort appel de nouvelles compétences.

Quels sont les profils les plus recherchés en ce moment ?

Aujourd'hui, très clairement, c'est le réseau des banques et des assurances qui recrute. Les postes de chargés de clientèle représentent au moins trois quarts des recrutements. Au niveau des remplacements pour les métiers de siège, on assiste également à une mutation. Il y a beaucoup moins d'administratif. Les banques se sont considérablement réorganisées au niveau de l'informatique, avec de l'automatisation, de la centralisation, voire de la sous-traitance. Il n'y a plus autant de besoins sur les postes administratifs dans les sièges des banques. En revanche, il y a très clairement une montée en compétences des métiers, par exemple sur des profils financiers, d'audit ou de risques. Pendant les trois dernières années il y a eu un renforcement important des directions comptables et financières. Notamment suite aux nouvelles législations Bâle II, loi de sécurité financière, Sarbannes-Oxley pour les banques, ou Solvency II pour les compagnies d'assurance qui renforcent considérablement le contrôle et l'audit interne. Il y a donc un besoin de compétences important à ce niveau-là.

Compte-tenu de ces besoins, est-ce que le recrutement est plus décloisonné ?

Dans un sens oui. Aujourd'hui, les banques et les compagnies d'assurance s'ouvrent à des profils un peu différents. Par exemple, la banque de réseau recrute des profils qui viennent de l'assurance et même des commerciaux issus de la grande distribution. Car aujourd'hui, il y a une primauté au commercial dans les banques et les assurances. Le métier a changé, il y a beaucoup plus de produits à vendre, il faut aller chercher le client, essayer de le fidéliser.

Au niveau régional, est-ce qu'il y a des grosses différences ?

Les recrutements sont relativement homogènes dans les régions. Il y a des recrutements partout en France : à Lille, Strasbourg, sur la Côte-d'Azur, dans le Sud-Ouest... Certaines régions sont économiquement plus fortes, c'est le cas à Rennes, dans le Val de Loire, le Nord et la région Rhône-Alpes. Ce qui est étonnant, c'est que dans le secteur bancaire il y a peu de différence de salaire entre Paris et les autres régions. Autour de 5% contre environ 20% dans d'autres secteurs. Pour un banquier, travailler à Paris ou travailler en province, c'est quasiment identique en terme de rémunération.

Comment expliquer cette équivalence de salaires entre Paris et les régions ?

Je pense que cela correspond à une certaine homogénéité. Les banques demandent à leurs employés d'être mobiles. Qu'ils soient à Metz, Bordeaux, à Brest ou à Strasbourg, ils vont donc gagner le même salaire. C'est rare d'avoir ce type de situation. Les banques de régions ont aussi une politique salariale qui se veut homogène avec des grilles beaucoup plus encadrées.

Il faut donc ne pas hésiter à être mobile, est-ce que vous avez d'autres conseils à donner aux candidats qui cherchent un emploi dans ce secteur ?

Aux jeunes diplômés j'ai envie de dire qu'il y a de très belles carrières à faire dans la banque et les assurances. C'est un secteur de plus en plus méritocratique où on peut changer de métier et évoluer très rapidement.

le 24/01/2007

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