"Capitaliser son expérience" dans la grande distribution

Pour réussir dans la grande distribution, il faut savoir être patient et gravir les échelons. Tour d'horizon d'un secteur qui recrute avec Michael Brami, directeur général d'Ellipse Conseils, jeune cabinet de recrutement rattaché au Groupe BTD.

(b)Comment se porte l'emploi dans la grande distribution ?(/b)

Il y a de manière récurrente des demandes. La difficulté, c'est que les candidats ne vont pas rester toute leur vie sur ce secteur et vont chercher à évoluer, soit au sein de la structure, soit au sein d'une autre enseigne. Par conséquent, il y a des besoins pour combler la mobilité interne et les postes sur lesquels il y a des départs. La troisième source, ce sont les créations d'emplois, sachant qu'il y a une volonté constante de conquérir de nouvelles parts de marché en ouvrant de nouvelles enseignes. Beaucoup de postes à pourvoir dans la grande distribution sont des créations de postes pour des ouvertures de magasins.

(b)Quels sont les profils les plus difficiles à trouver ?(/b)

Les profils les plus demandés sont ceux de responsables ou d'adjoints. Responsable de point de vente, responsable de centre de profit, directeurs... les appellations sont différentes mais les qualités exigées sont les mêmes. Les candidats doivent être capables de gérer de manière autonome leur point de vente avec tout l'aspect commercial (vente, promotion), les ressources humaines (formation des collaborateurs, encadrement, recrutement) et l'aspect gestion (bilan, stocks et achats). On demande donc aux candidats des compétences élargies et ces profils sont difficiles à trouver sur le marché, mais ils restent dans notre coeur de métier.

(b)Est-ce que le développement de la vente en ligne a changé la donne dans la grande distribution ?(/b)

Ça n'a pas eu d'incidence sur le développement des enseignes sur le terrain. Il y a encore chez les consommateurs la volonté d'aller dans le magasin, de rencontrer les vendeurs, de poser des questions et d'avoir des conseils au niveau de l'achat. C'est juste un élargissement des services proposés.

(b)Les outils de gestion et de fidélisation des clients ont évolué eux-aussi...(/b)

C'est très important. De plus en plus, on demande des connaissances en gestion et en informatique, soit sur des outils spécifiques, soit de manière générale. Si ce n'est pas le cas on propose des formations. Il est évident que pour les postes à responsabilité, ce qui va être rédhibitoire c'est le manque de connaissance en gestion. Notre travail de cabinet, c'est aussi d'ouvrir la porte à des candidats qui ne viennent pas forcément de la grande distribution mais qui ont d'excellentes notions d'encadrement, de gestion et d'essayer de détecter chez eux un potentiel.

(b)En ce moment, on parle beaucoup de l'ouverture de magasins le dimanche, est-ce que vous pensez que ça peut créer des emplois ?(/b)

Ça peut être une source de créations d'emplois. Mais aujourd'hui, on constate qu'avec l'ouverture des magasins le dimanche, certains candidats sont bloqués. Dans la grande distribution, il y a des journées très longues. Quand on parle de contrats à 35 ou 39 heures, il est évident que sur le terrain les candidats ne font pas ces horaires. Quand on est responsable de magasin, on ne peut pas se permettre d'être absent deux jours par semaine alors qu'on est présent toute la semaine de 9h à 20h. Cela veut aussi dire que les candidats ne sont pas dupes. L'ouverture des magasins le dimanche signifie pour eux des semaines de sept jours de travail. De plus en plus de candidats refusent d'aller sur certaines enseignes à cause de l'ouverture du dimanche. Mais généralement, un candidat qui nous parle d'horaires ne va pas tenir le coup sur un poste de responsable. Pour faire ces métiers-là, il faut être passionné.

(b)C'est ce qui explique la mauvaise réputation du secteur et le turn-over important ?(/b)

Pour être honnête ce qui accentue le turn-over, c'est aussi la difficulté d'évoluer au sein d'une enseigne. L'évolution est très échelonnée : on passe de manager à second manager, premier manager, adjoint... Et puis il y a la corrélation entre la charge de travail et le salaire proposé. Les candidats se disent, 60 heures par semaine payées 2000 euros nets, finalement ce n'est pas forcément très intéressant. Il faut donc avoir un attrait pour ce secteur. Certes, les salaires ne sont pas très élevés, mais il y aussi un grand intérêt sur des postes où les candidats vont être autonomes et toucher un peu à tout : ressources humaines, gestion, économat, achats.

(b)Quels conseils donner aux candidats qui veulent tirer leur épingle du jeu ?(/b)

Les candidats qui ont le plus de chance dans ce secteur sont ceux qui vont être le plus polyvalent, qui vont prouver qu'à travers leurs expériences, ils ont effectivement fait leurs preuves sur l'ensemble des points importants. Pour réussir, un candidat devra capitaliser sur ses expériences en restant longtemps au sein d'une même enseigne pour essayer de gravir les échelons.

le 07/07/2006

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