11 500 CDI intérimaires signés : les jeunes non qualifiés les plus concernés

11 500 CDI intérimaires signés : les jeunes non qualifiés les plus concernés

Le CDI intérimaire séduit de plus en plus, surtout les jeunes non qualifiés. La barre symbolique des 10.000 signatures avait été franchie début septembre. Aujourd'hui, presque 11.500 personnes sont concernées.

"La création du CDI intérimaire constitue une innovation sociale majeure et une reconnaissance de notre rôle d'intégrateur social. Cette nouvelle forme de contrat permettra de concilier la sécurité de l'emploi avec la flexibilité nécessaire au développement des entreprises" déclarait Alain Dehaze, Président du Groupe Adecco en France, à l’occasion de son entrée en vigueur en 2014. Des prévisions largement vérifiées puisqu’avec une moyenne de 800 signatures par mois, le CDI intérimaire (ou CDII) aura déjà convaincu 11 500 personnes d’ici la fin du mois octobre. Des bons résultats annoncé ce mardi par Prism’emploi (l'association des professionnels du secteur de l'intérim) et relayé par le journal Les Echos. L’objectif est celui des 20 000 CDII en 2017.

Des périodes d'intermission rémunérées par l'agence d'intérim

Les agences intérimaires voient dans le CDII un levier de flexibilité et de sécurité puisqu’il allie la sécurité du CDI à la diversité des missions proposées. Qu’il soit en période de mission ou d’intermissions, l’intérimaire demeure salarié de l’agence d’intérim et bénéficie, de fait, d’une Garantie Minimale Mensuelle de Rémunération (GMMR), fixée par rapport à une durée de travail théorique et dont le montant est au minimum égal à l’équivalent du Smic.

Côté employeur, c'est-à-dire par l'agence d'intérim, la rentabilité d'un CDII dépend directement du taux d'activité des intérimaires qui s'engagent. Or, toujours selon Prism’emploi, tous les indicateurs sont au vert puisque 2 salariés sur 3 ayant signé un CDII ont enchaîné les missions. Pour les autres, la durée moyenne des périodes intermissions ne dépasse pas 5 jours, hors formation. Des observations qui avaient conduit les défenseurs du dispositif à penser qu’il attirerait avant tout les intérimaires hautement qualifiés, et pas forcément les jeunes intérimaires.

1 jeune sur 3 est en CDII

Or, selon le bilan de l'association des professionnels du secteur de l'intérim, la part des moins de 25 ans (34%) en CDII est supérieure à la part de tous les intérimaires confondus. Même constat pour les ouvriers non-qualifiés : plus d’1 sur 2 a signé en CDII (51,1%) contre 36,6% tous intérimaires confondus. Une tendance qui s’inverse chez les ouvriers qualifiés (33,8% en CDII contre 40,7% au total) et les cadres (4,1% contre 9,9%).

Le CDII est donc un levier pour un retour à l’emploi durable chez certaines populations (les jeunes et les personnes peu ou pas qualifiées) jusqu’alors éloignées du marché du travail. Inversement, les plus qualifiés sont protégés par leurs savoir-faire et par la pénurie de profils spécialisés qui touchent certains secteurs et certains métiers. C’est pourquoi ils ne se dirigent pas naturellement vers le CDII qui, de plus, serait financièrement moins avantageux pour eux.

A peine 3,5% des postes équivalents temps plein

Toutefois, ce rapport positif sur le CDII, après 2 ans et demi d’existence, est à nuancer. Il reste un contrat largement minoritaire. Son objectif de 20 000 recrutements représente à peine 3,5% de l’ensemble des postes équivalents temps plein que compte l'intérim actuellement (580 000).

le 18/10/2016 par Rozenn Perrichot

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