Cocotte, petite, barbie... Le visage ordinaire du sexisme en entreprise

Cocotte, petite, barbie... Le visage ordinaire du sexisme en entreprise

Plus de 80% des salariés ont déjà entendu des "blagues sur les femmes" et près de 60% d'entre elles se sont senties exclues en entreprise. Le sexe reste également un frein professionnel selon la dernière étude du Conseil supérieur de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (CSEP).

"Ma belle", "ma petite", "ma poule", "ma cocotte", "ma puce"... Dans son ouvrage, "Les mecs lourds ou le paternalisme lubrique", Natacha Henri expliquait déjà en 2003 comment les femmes subissaient ces appellations au quotidien. Dix ans plus tard, rien n'a changé selon une étude du Conseil supérieur de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (CSEP). Cette enquête montre ainsi que le sexisme, ou "l'idéologie qui érige la différence sexuelle en différence fondamentale entraînant un jugement sur l'intelligence, les comportements et les aptitudes", est une constante au travail. Il est observé par les femmes comme par les hommes, "mais à un degré moindre pour ces derniers".
 
Pour 80% des femmes interrogées (56% des hommes), "dans le monde du travail, les femmes sont régulièrement confrontées à des attitudes ou des décisions sexistes". Seulement 13% des femmes et des hommes estiment qu'elles "font partie du jeu des relations" au travail.

"Je ne vais pas faire ce qu'elle demande, c'est une femme"
Les blagues sur les femmes sont aussi le lot quotidien des sondées (80%). Cela peut concerner leur caractère, leur physique ou encore être des stéréotypes tels "elle a dû coucher", "elle est agressive", "pire qu'un homme" ou encore "je ne vais pas faire ce qu'elle demande, c'est une femme". Les femmes managers sont les plus touchées par ces remarques, comme un moyen de nier leurs compétences.

"Elle fait sa blonde" ou "ne fais pas ta blonde" font partie des blagues à répétition entendues par 69% des femmes interrogées, ainsi que le classique "elle est de mauvaise humeur elle doit avoir ses règles" (59%).

Les femmes se sont aussi majoritairement senties exclues d'une réunion (60%) et 30% d'entre elles ont déjà vu leur idée "récupérée par un homme et dès lors chaudement applaudie".

Le sexe, un frein à la carrière selon les femmes
Pour les femmes interrogées, le sexisme latent en entreprise pénalise également leur possibilité d'évolution professionnelle. Près d'une femme sur quatre a eu le sentiment de ne pas avoir été augmentée en raison de son sexe ou d'avoir rencontré un frein professionnel (56%), contre un homme sur 7. Près de 30% des femmes ont également déjà entendu qu'elles ne méritaient pas leur salaire, contre à peine 4% des hommes.

La maternité est également toujours perçue comme un frein à la carrière des femmes estiment 79% des femmes et 66% des hommes.

Autant de comportements et de propos qui "peuvent modifier le comportement des salariés" et jouer "sur la confiance en soi" de "ceux qui les subissent", rapportent les auteurs de l'étude.

Avec AFP

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Etude réalisée à partir de deux enquêtes : un sondage national mené par internet du 12 au 18 septembre auprès d'un échantillon représentatif de 1.000 cadres (39% de femmes et 61% d'hommes) travaillant au sein d'établissements de 250 salariés et plus;  et une consultation en ligne réalisée du 24 septembre au 12 novembre auprès de 14.651 salariés (92% de cadres, 55% de femmes et 45% d'hommes) de neuf entreprises françaises

le 17/12/2013 par Guirec Gombert

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