Comment votre département de naissance influe sur votre réussite

Comment votre département de naissance influe sur votre réussite

La géographie de l’ascenseur social est « durablement inégale » selon une note d’analyse de France Stratégie. Les chances d’ascension des individus d’origines populaires (enfants d’ouvriers, d’employés) varient en effet du simple au double selon leur département de naissance.

L’ascenseur social fonctionne bien dans certaines régions de France : en Ile-de-France, en Bretagne, en Midi-Pyrénées, en Rhône-Alpes, en Aquitaine et en Midi-Pyrénées… La proportion des enfants d’ouvriers et d’employés devenus cadres y est plus forte oscillant entre 33% et 47%.

En France, le constat global est celui d’une élévation générale du taux d’ascension sociale, avec une tendance à la stabilité des écarts de chances d’ascension. Entre 1977 et 2003, la probabilité pour un enfant d’ouvrier d’accéder au statut de cadre supérieur a fait un bond en passant de 25% à 33% alors qu’elle est restée stable pour les enfants d’employés.

A noter que depuis 1980, les chances des enfants de cadres et de professions intermédiaires d’occuper des postes qualifiés sont restées stables et largement supérieurs à celles des enfants d’ouvriers et d’employés.

Une ascension sociale globalement en progression

L’Ile-de-France apparaît comme la championne de l’ascension sociale des classes populaires avec plus de 4 enfants d’ouvriers ou d’employés sur 10 occupant aujourd’hui un poste de cadre ou de profession intermédiaire. Près de 20% de l’ensemble des promus y sont nés.

En Bretagne : 36 à 47% des enfants des classes populaires accèdent à des postes qualifiés dans le Morbihan et le Finistère ; dans les Côtés d’Armor, l’Ille-et-Vilaine ce taux se situe entre 33% et 36% ; ainsi que dans deux départements limitrophes : la Mayenne (53) et la Loire-Atlantique (44).

Le Rhône-Alpes, l’Aquitaine, la région PACA présentent également un taux élevé entre 33 à 47%. L’Alsace, les Pays de la Loire, le Centre ont rattrapé leur retard selon France Stratégie, et dans une moindre mesure, la Haute-Normandie, la Franche-Comté et la Bourgogne. Pour les enfants nés entre 1965 et 1979, la proportion baisse en Auvergne, en Lorraine et en Languedoc-Roussillon comparée à ceux de la génération 1950-1964.

L’éducation, facteur clef de la réussite

« Plus qu’à l’environnement économique, les chances de mobilité ascendante sont fortement liées au niveau d’éducation, notamment à l’obtention d’un diplôme du supérieur » analyse les experts. Plusieurs études ont fait le lien entre le diplôme et l’ascension sociale. France Stratégie montrent toutefois que le taux de diplômés chez les classes populaires varient du simple au double selon le département de naissance. Il est particulièrement élevé en Haute-Garonne, à Paris et dans le Finistère. Malgré tout, ce taux de diplômés du supérieur parmi les enfants d’ouvriers et d’employés n’atteint pas la moyenne, toutes origines confondues.

La mobilité favorise l’ascension sociale

Constat intéressant : les individus ayant changé de région depuis leur naissance ont un taux de mobilité ascendante de 10 points de plus que les autres. Aussi, la mobilité semble être un facteur favorisant l’accès à des postes supérieurs. Sauf en Ile-de-France, où l’on constate que les natifs résidant dans une autre région ont une mobilité sociale ascendante inférieure à ceux qui y sont restés. Pour les franciliens, changer de région ne sera donc pas une garantie de réussite sociale et professionnelle.

Globalement, la forte immobilité géographique des individus de classes populaires contribue à renforcer l’immobilité sociale, certaines régions étant « à faibles opportunités ».

Comment favoriser encore plus l’ascension ?

L’influence positive de la mobilité géographique est d’autant plus importante lorsque celle-ci intervient tôt dans la vie des individus. Aussi, non seulement ce constat incite « à développer en priorité l’offre en logement social dans les zones dynamiques afin d‘y favoriser l’installation de familles à faibles revenus », mais il montre également que l’origine sociale n’est pas le seul facteur d’explication pour l’échec scolaire.

Si un récent rapport préconisait une meilleure inclusion des enfants de classes défavorisées dans l’enseignement, cette analyse géographique par département incite à concentrer ces efforts sur les régions à faible taux de diplômés du supérieur. D’autres mesures peuvent être envisagées : lutter contre le décrochage scolaire, augmenter l’offre d’enseignement supérieur dans les régions les moins dotées, système de quotas ou de places réservées pour les individus issus des classes défavorisées, aide à la mobilité étudiante, déclassement des académies pour favoriser cette mobilité, assouplissement du système Admission Post-Bac (APB)… D’où l’importance des politiques publiques pour réduire les écarts liés au lieu de naissance.

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Source : Note d’analyse n°36 – France Stratégie – novembre 2015. (France Stratégie est un organisme de réflexion, d’expertise et de concertation placé auprès du Premier ministre.)

le 04/12/2015 par Priscilla Gout

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