De plus en plus d'actes homophobes au travail

De plus en plus d'actes homophobes au travail

Presque chaque jour travaillé, un acte d'homophobie en entreprise est recensé. Des comportements d'autant plus condamnables qu'ils sont "très souvent le fait de supérieur-e-s hiérarchiques", selon le dernier rapport publié par SOS Homophobie.

"Travail, la lutte des crasses". Dans son chapitre consacré au travail, le rapport de SOS Homophobie annonce la couleur. Selon l'association, les comportements dénigrants à l'égard des personnes homosexuels ont augmenté de "36% par rapport aux années précédentes". Ainsi, "200 cas ont été recensés par SOS Homophobie au cours de l'année (...) presque un cas pour chaque jour travaillé", souligne le rapport qui estime néanmoins que cela est aussi dû à "une volonté accrue des victimes de ne plus se taire ainsi qu'une meilleure notoriété de la ligne d'écoute".
Principale forme de dénigrement à l'égard des homosexuels, l'insulte est suivie du harcèlement moral mais aussi parfois d'agressions physiques. Et malheureusement, dans ce registre, la fonction publique n'est pas plus exemplaire que le privé. 
 
Des comportements pénalisants pour l'entreprise
Le plus souvent, les actes d'homophobie sont soit le fait de supérieurs hiérarchiques (45%), soit de collègues sans lien hiérarchique (41%). "Si on ne peut que regretter que des personnes s'attaquent à leurs collègues de travail pour des motifs discriminatoires, l'attitude homophobe d'employeu-r-se-s ou supérieur-e-s hiérarchiques est autrement condamnable du fait de leur devoir d'assurer à leurs subordonné-e-s un cadre de travail décent", juge l'association. D'autant que ces comportements, outre les répercussions qu'ils peuvent avoir sur les victimes, pénalisent également les entreprises qui en viennent à se séparer de personnes sans rapport réel avec leur efficacité au travail. "Ainsi, parmi les cas recensés cette année, 41 ont entraîné des arrêts maladie et autant sont à l'origine de licenciements, ruptures de contrats, démissions ou refus d'embauche", poursuit SOS Homophobie.

Peu de soutien au travail
Face à ces comportements, les victimes mentionnent dans 67% des cas n'avoir reçu aucun soutien dans son environnement de travail. D'autant que rares sont les personnes à oser parler à un représentant de l'entreprises (RH ou délégués syndicaux) de peur du rejet. Les témoignages recueillis par l'association sont frappants. Comme celui de Jean-Claude. Cadre dirigeant dans une entreprise, il a sous ses ordres les directeurs régionaux de l'entreprise. Depuis un certain temps il constate que ces messages passent moins bien auprès d'eux, jusqu'à ce qu'il apprenne qu'il se faisait appeler "la tarlouze de Paris", dépeint comme un personnage de la pièce La cage aux folles

De tels témoignages, SOS Homophobie en a publié des dizaines dans son rapport. Ils émanent aussi bien d'employés du secteur privé que du public. Afin de lutter contre ces discriminations, l'association rappelle que l'IMS Entreprendre pour la Cité publiera prochainement un guide intitulé "Orientation sexuelle en entreprise : comprendre et agir". Il s'appuiera notamment sur les meilleures pratiques observées en entreprise et fournira un argumentaire construit pour les Responsables des Ressources humaines.

le 16/05/2012

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