Des horaires décalés pour deux tiers des salariés français

Des horaires décalés pour deux tiers des salariés français

Une récente enquête de la Dares révèle que seulement 37% des salariés français bénéficient d'horaires dits "normaux". La norme pourrait finalement s'inverser : les salariés à horaires décalés sont désormais majoritaires, alors qu'ils cumulent déjà le plus de contraintes au travail.

Au total, 63% des salariés ont des horaires dits "décalés" d'après les résultats de l'étude de la Dares publiée le 25 mai 2009 par le Ministère du Travail, qui s'est appuyée notamment sur une enquête menée en 2005.

La Dares identifie six catégories distinctes de salariés : les horaires normaux (37% des salariés), les horaires décalés (19%), les occasionnellement décalés (10%), les saisonniers (7%), les horaires longs et flexibles exercées par les cadres (10%) et les temps partiel (17,5%).

Travail de nuit, le week-end, tôt le matin, tard le soir, ou travail occasionnel, certains secteurs, la fonction publique et le commerce en particulier, sont moins bien lotis que d'autres. Les horaires normaux, "réguliers et adapté aux rythmes biologique et social du salarié", sont devenus l'apanage des professions intermédiaires telles que techniciens, ouvriers, chauffeurs ou employé administratif dans les secteurs de la banque ou l'assurance.

> Une accumulation de contraintes

Par opposition, les horaires décalés s'exercent lors des heures habituellement réservées au repos et aux activités sociales et familiales. Et les salariés concernés cumulent de nombreuses autres contraintes : semaines irrégulières, absence de repos hebdomadaires de 48 heures, horaires fixés sans possibilité de modification et parfois seulement une semaine à l'avance, journées de 11 heures... Parmi ces professions aux conditions de travail les plus "atypiques", on trouve les professionnels de la santé et du social, les employés de la fonction publique (policiers...) et les employés du commerce et de l'hôtellerie-restauration. En plus de ces contraintes, ils connaissent bien souvent un travail physiquement plus pénible que les autres.

> A l'intersection : les cadres

Entre ces deux cas de figure on retrouve les cadres. Des horaire longs, flexibles, mais paradoxalement peu de contraintes effectives, comptent parmi les trois principales caractéristiques du statut. Il s'agit là en grande majorité d'hommes, cadres ou professions intermédiaires exerçant des responsabilités hiérarchiques, des agents de maîtrise... L'organisation des horaires reste assez typique en ce qui concerne l'emploi qualifié : des horaires quotidiens variables, des dépassements fréquents, des astreintes, une pression "temporelle" et hiérarchique forte... Ils sont aussi les plus nombreux à emmener régulièrement du travail chez eux.

> Horaires décalés et sous-emploi

Mais la catégorie présentant les plus fortes contraintes à tous points de vue reste sans conteste celle des salariés à temps partiel, victime du "sous emploi". L'enquête de la Dares révèle que ce type d'emplois est occupé par 17.5% des actifs, en majorité des femmes. Dans l'ensemble, leurs conditions d'emplois ne sont pas plus difficiles mais ces salariés sont soumis à des horaires contraignants, à des journées hachées et bien souvent, ils "subissent" leur temps partiel. De plus, 37% d'entre eux sont employés sur des contrats précaires (CDD, intérim...) à durée parfois très variable.

L'étude de la Dares le confirme, une disposition comme l'autorisation du travail le dimanche, actuellement en examen à l'assemblée dans une version "allégée", accablerait finalement les professions déjà sous le coup de nombreuses contraintes. Une disposition qui concerne tout de même plus de la moitié des salariés français.

le 29/05/2009

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