Difficile de s'insérer dans la vie active sans diplôme

Le Conseil de l'Emploi, des Revenus et de la Cohésion sociale (CERC) a souhaité étudier la situation des jeunes sortant de la formation initiale sans diplôme. Dans son rapport, il met notamment en lumière les origines du problème.

Après une baisse depuis les années 90 du nombre de sans qualification et de non qualifiés (ou sans diplôme, ayant suivi la formation mais n'ayant pas obtenu le diplôme), l'heure est à la stagnation. 41% des non-diplômés sortis de la formation initiale depuis moins de 5 ans seraient au chômage en 2005 contre 18% en 1978. En France, 17% de chaque génération sortirait de la formation initiale sans diplôme, les hommes étant un peu plus touchés que les femmes. Les origines de l'échec scolaire remontent dès l'enseignement élémentaire. Presque 1 jeune sur 3 sans diplôme a redoublé lors du cours élémentaire, ce qui laisse douter de l'efficacité du redoublement tel qu'il est. La formation professionnelle et l'apprentissage diminueraient le risque de sortie prématurée du système scolaire, contrairement aux classes technologiques et spécialisées.

Selon l'étude du CERC, lors d'une conjoncture morose, le rôle du diplôme est renforcé, ce qui pénalise d'autant plus les sans diplôme. De plus, la formation à l'âge adulte est rare et les emplois peu qualifiés sont menacés par la concurrence des pays à bas salaires, d'où la volonté de développer les formations initiales diplômantes en France.

> Origines des sorties de la formation initiale sans diplôme

Les facteurs individuels, les capacités personnelles et de résilience sont certes des facteurs non négligeables de sortie du système scolaire sans diplôme. Néanmoins, le rapport du CERC souligne que l'environnement familial et social et le système éducatif actuel auraient un rôle majeur.

Les conditions socio-économiques influenceraient l'échec scolaire, en ayant tout d'abord des répercussions sur les conditions matérielles (logement, activités comme le soutien scolaire, loisirs, etc). L'emploi (ouvriers ou employés) ou le non emploi des parents auraient également des conséquences sur la réussite scolaire (25% des jeunes non qualifiés vivraient dans une famille sans emploi). De plus, le niveau d'étude des parents (notamment celui de la mère), aurait une influence sur la possibilité d'aider ses enfants, mais aussi sur les ambitions scolaires et les choix d'orientation, revues à la baisse pour un niveau scolaire identique. Ainsi, ils sont peu nombreux à penser qu'un diplôme de l'enseignement supérieur soit un atout dans la réussite professionnelle de leurs enfants, préférant un CAP ou un BEP.

Mais il existerait également des lacunes concernant le système éducatif français. Notamment l'obtention du diplôme et le passage dans la classe supérieure en fonction de la moyenne, et non pas des compétences et des connaissances acquises, comme c'est le cas dans certains pays européens. De plus, le diplôme en soi aurait une trop grande importance en France pour l'accès à l'emploi. Enfin, peu de moyens existent pour repérer les élèves en difficulté et y remédier. D'après le CERC, le problème majeur serait qu'il n'existe pas assez de lien entre le système scolaire et le monde de l'entreprise et ses besoins.

> L'insertion des non-diplômés : un parcours du combattant

La population des jeunes sans diplôme est très hétérogène et cela peut jouer dans leur insertion de même que d'autres caractéristiques comme le sexe, l'origine sociale ou le secteur géographique.

Les jeunes sortant du cursus scolaire sans diplôme sont beaucoup plus exposés au risque de chômage (taux de chômage 1,9 fois supérieur à la moyenne), car ils sont les premiers à subir une mauvaise conjoncture économique et sont plus touchés par les temps partiels imposés. Bien souvent, ils occupent des postes d'ouvriers ou d'employés, la plupart du temps dans des petites entreprises, de moins de dix salariés. Il s'agit d'emplois précaires (intérim, CDD) pour lesquels la stabilisation est longue. Enfin, la formation continue progresse mais demeure faible.

Pour faire face à ce problème, l'Education nationale essaye de trouver des solutions, notamment par la création il y une dizaine d'années, de la Mission Générale d'Insertion (MGI). Elle a pour objectif de réduire les sorties sans diplôme de l'enseignement secondaire. Elle agit alors par la prévention en repérant les élèves en difficulté et en les rencontrant afin de trouver une solution, et par la formation en facilitant l'entrée, le maintien ou le retour dans une formation qualifiante. Mais il existe des limites à la MGI : sur les 60.000 jeunes suivis, ils sont 72% à avoir suivi une formation. Pour 20% en revanche, aucune solution n'a été trouvée. De plus, elle ne "détecte" que la moitié des jeunes en situation de décrochage.

le 18/07/2008

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