"Les compétences d'abord" : la campagne du gouvernement contre les discriminations à l'embauche

"Les compétences d'abord" : la campagne du gouvernement contre les discriminations à l'embauche

"Les compétences d'abord". C’est avec ce slogan que le gouvernement a lancé lundi une campagne de sensibilisation aux discriminations à l'embauche liées à l'origine, pour lutter contre le "sentiment d'humiliation" des jeunes diplômés des quartiers populaires.

A partir du 19 avril, près de 2 000 affiches viendront tapisser les gares, les métros, les kiosques. Un visuel pour conduire les employeurs à prendre conscience de leur responsabilité dans les phénomènes massifs de discrimination à l’embauche, et à agir pour dépasser leurs stéréotypes à l’embauche en regardant #LesCompetencesDabord.

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« Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances »

Cet extrait du préambule de la Constitution date du 27 octobre 1946 et pourtant, les chiffres de la discrimination à l’embauche restent édifiants. "A diplôme égal, il y a deux fois plus de chômage chez les jeunes des quartiers populaires" a déclaré la ministre du Travail Myriam El Khomri lors du lancement de la campagne.

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Selon le 8ème baromètre DDD/OIT de perception des discriminations dans l’emploi, réalisé par l’Ifop en 2015 :

  • 85% des demandeurs d’emploi estiment que les discriminations à l’embauche sont fréquentes
  • Pour 88 % des sondés, l’âge au-delà de 55 ans est le facteur le plus discriminant, devant le fait d’être enceinte (85 %), d’être handicapé (77 %) ou obèse (75 %).
  • Le fait d’être une femme reste un inconvénient à l’embauche pour 37 % des sondés, et ce, malgré un recul de - 5 points par rapport à 2013
  • 66 % des demandeurs d’emploi pensent qu’un nom à consonance étrangère peut être un frein pour trouver un travail
  • 62 % des sondés estiment que la couleur de peau peut être pénalisante.

Si la discrimination à l’embauche est souvent vécue comme un traumatisme sur le plan humain, elle est également un problème d’un point de vue professionnel : 43% des victimes ont par la suite abandonné leur recherche d’emploi.

> Embauche : de « fortes discriminations » liées aux religions

Une campagne de sensibilisation, et après ?

Loin d’être la première du genre, on peut se poser la question des résultats de cette campagne alors que le CV anonyme, jugé dépassé par le gouvernement et les experts, est le grand absent du projet de loi Égalité et Citoyenneté. Pour lutter contre les discriminations à l'embauche, d’autres mesures ont été préférées, et parmi elles, la campagne de testing lancée début avril avec une vague de vrais-faux CV envoyés aux entreprises pour juger de leurs pratiques de recrutement. Des guides et des outils de bonnes pratiques ont également été mis à disposition des recruteurs, et d'autres méthodes de recrutement sont valorisées (candidature sans CV, CV vidéo, salons en ligne, etc). Prévenir et sensibiliser plutôt que pénaliser ? Du côté judiciaire, rappelons les discriminations à l’embauche sont punies de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

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> L'apparence physique reste un frein à l’embauche

le 19/04/2016 par Rozenn Perrichot

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