Inégalités salariales : l'état des lieux en France

Inégalités salariales : l'état des lieux en France

L'Insee a récemment publié son dernier rapport annuel "Emploi et salaires". Bonne nouvelle, les écarts entre les mieux et les moins bien payés se sont réduits au cours des dernières années.

La France, une société moins inégalitaire ? Selon l'Insee, et contrairement aux idées reçues, les écarts de salaire dans la société se sont réduits au cours des dernières années. Entre 1967 et 2009, l'écart de rémunération entre les 10% de salariés du privé à temps complet les moins payés et les 10% les mieux payés est ainsi passé d'un rapport de 3,5 à 3. Selon l'Insee, cela s'explique par "l'augmentation du niveau moyen d'éducation de la population active" ainsi qu'essentiellement par les "hausses du Smic survenues sur la période". Mais si la part des faibles revenus a progressé, celle des plus riches a elle-aussi connu une hausse ces dernières années. Entre 1995 et 2008, la proportion des 1% des salariés à temps complet les mieux rémunérés est passé de 5,6% à 6,4%. Comme quoi, il n'est pas toujours nécessaire de déshabiller Pierre pour habiller Paul...

Et les inégalités hommes-femmes ?
Si l'on compare les inégalités de salaire en fonction du sexe, là encore les écarts se sont réduits. Il reste toutefois important, en moyenne autour de 20% au milieu des années 90 contre 35% après-guerre. "Mais si l'on intègre le volume annuel de travail et notamment l'impact du temps partiel qui est essentiellement féminin l'écart s'élève à 26%", nuance l'Insee. Des écarts qui reflètent encore une fois la tradition des cursus scolaires et le déroulé en dents de scie des carrières féminines. A niveau d'éducation égal, les femmes se tournent encore davantage vers les filières littéraires et les interruptions de carrière (temps partiel, moindre amplitude horaire, etc.) pèsent sur leur évolution professionnelle. Une catégorie socio-professionnelle est particulièrement touchée par ce phénomène : celle des cadres. En moyenne, l'écart de salaires entre hommes et femmes s'y élève à 23% dans le privé et à 17% dans le public.

Les cadres raflent la mise
Les cadres, hommes comme femmes, sont mieux lotis que les autres salariés. Alors qu'en 2000, 40% des salariés percevaient des participations, primes d'intéressements et plan d'épargne entreprise, 57% des cadres étaient concernés par ces différents dispositifs. En 2010, cette proportion passait à 66%, contre 44% pour les ouvriers et seulement 42% pour les employés. Et comme le rappelle l'Insee, ces dispositifs "désormais obligatoires dans les entreprises de plus de 50 salariés" sont "celles qui emploient le plus de cadres"... 
 
Les salaires en régions
Les zones géographiques de travail sont un autre facteur d'inégalités salariales. Ainsi, "les régions où le salaire moyen est le plus faible sont celles où les cadres sont les moins nombreux, comme le Poitou-Charentes, le Limousin, ou la Basse-Normandie", selon l'Insee. En Ile-de-France, les cadres percevaient en 2010 un salaire net annuel moyen en équivalent temps-plein de 53.490 euros contre 39.630 en Languedoc-Roussillon. Pour l'ensemble des salariés, l'Ile-de-France est logiquement en tête (31.960 euros) loin devant la Bretagne (21.700 euros)...
 

En complément

La France en chiffres

En 2010, le salaire moyen d'un travailleur à temps plein s'élevait à 25.020 euros dans le privé et à 29.100 euros dans la fonction publique.

En 2012, la progression du salaire mensuel par tête (y compris les primes, intéressements, etc.) s'élevait à 0,2% dans le privé, contre un repli de 0,3% dans le public.

En 2010, le salaire net annuel moyen d'une femme dans le privé était de 21.833 euros, contre 27.235 euros pour les hommes. Dans le public, le salaire annuel d'une femme était de 24.166 euros contre 27.812 euros pour un homme.

 

le 07/03/2013 par Guirec Gombert

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